En Suisse, trois collectivités prélèvent l’impôt sur le revenu : la Confédération, le canton et la commune. Chacune suit ses propres règles.
Cet empilement explique pourquoi deux salariés au même revenu paient des montants très différents à Zoug et à Genève. Reste à lire chaque étage dans l’ordre.
Trois niveaux d’impôt sur le même revenu
L’impôt fédéral direct (IFD) frappe le revenu des personnes physiques. Bien qu’il revienne à la Confédération, ce sont les cantons qui l’établissent et qui l’encaissent pour son compte, avec leurs propres services fiscaux.
À côté, chaque canton applique sa propre loi fiscale, avec son barème. Et les communes ajoutent leur part, sous forme de supplément calculé sur l’impôt cantonal.
La fortune ? Autre chemin. La Confédération ne l’impose pas, alors que tous les cantons et leurs communes le font.

L’impôt fédéral direct : un barème unique et progressif
L’IFD est le seul impôt sur le revenu identique dans toute la Suisse. Son taux maximal est plafonné à 11,5 % par la Constitution fédérale.
Pour l’année fiscale 2026, le barème publié par l’Administration fédérale des contributions (AFC) prévoit :
- pour une personne seule, aucun impôt jusqu’à 15 200 francs de revenu imposable,
- pour un couple marié vivant en ménage commun, aucun impôt jusqu’à 29 700 francs,
- un taux uniforme de 11,5 % à partir de 794 000 francs de revenu imposable pour une personne seule,
- une réduction de 263 francs sur l’impôt calculé, par enfant ou personne à charge.
Entre ces bornes, le taux monte par paliers. Et le barème est revu chaque année pour compenser les effets du renchérissement, ce qu’on appelle la progression à froid.
Le barème cantonal et le coefficient annuel
Chaque canton fixe un barème de base. Le parlement cantonal vote ensuite un coefficient, appelé selon les cantons multiple annuel ou quotité, qui s’applique à cet impôt de base.
L’AFC donne l’exemple suivant dans son guide : un coefficient de 100 % quand les recettes de base suffisent, 95 % si les besoins baissent, 110 % s’ils augmentent. Concrètement, ce réglage permet au canton d’ajuster ses recettes chaque année sans réécrire sa loi.
Autre particularité : la plupart des cantons ne prévoient aucun plafond de charge fiscale pour le revenu et la fortune.
Le coefficient communal et l’impôt ecclésiastique
Les communes appliquent leur propre coefficient, ce qui explique les écarts d’une localité à l’autre dans un même canton. À Bâle-Ville, la ville ne prélève pas d’impôt communal : il est inclus dans l’impôt cantonal.
L’impôt ecclésiastique s’ajoute pour les membres d’une Église reconnue, dans presque tous les cantons, et son montant dépend lui aussi d’un coefficient fixé localement. Vaud ne le perçoit pas, et dans le Valais seules quelques communes le prélèvent. Au Tessin, à Neuchâtel et à Genève, son paiement est facultatif.
Le taux de ce convertisseur est fixe et indicatif. Il ne remplace pas le cours du jour et ne joue aucun rôle dans le barème fiscal.
Un exemple de lecture du barème
Prenons une personne seule, sans enfant, avec 60 000 francs de revenu imposable. Pour l’IFD 2026, le barème fixe l’impôt à 612 francs pour 58 000 francs, puis ajoute 2,97 francs par tranche de 100 francs. Sur les 2 000 francs restants, cela fait environ 59 francs. Total : un IFD proche de 671 francs.
Le plus lourd vient ensuite. À cela s’ajoutent l’impôt cantonal et communal, qui pèsent nettement plus lourd et varient selon le domicile. Le simulateur fiscal de l’AFC calcule l’ensemble pour une commune donnée.

Barème ordinaire ou impôt à la source ?
Tout ce qui précède concerne la taxation ordinaire, sur déclaration. Les salariés étrangers sans permis C et les frontaliers imposés en Suisse paient l’impôt à la source, selon des barèmes de perception propres à chaque canton.
Ces barèmes-là ont leurs codes et leur logique, expliqués dans l’article sur le barème de l’impôt à la source.
Questions fréquentes
Quelles déductions réduisent le revenu imposable ?
Le guide de l’AFC cite les frais de formation, jusqu’à 12 900 francs pour l’IFD. Il mentionne aussi, de manière limitée, les intérêts de dettes privées, les dons, les primes d’assurance maladie et vie, les cotisations au pilier 3a, les frais médicaux importants et les frais de garde des enfants. Les montants exacts varient d’un canton à l’autre.
Le barème fédéral s’applique-t-il aussi à la fortune ?
Non. La fortune n’est imposée que par les cantons et les communes, chacun avec son propre barème.
Qui fixe le coefficient communal ?
La commune elle-même, selon les règles prévues par le canton. C’est pourquoi le même revenu ne coûte pas la même chose d’une localité à l’autre.
À lire aussi
- Quelles sont les déductions fiscales autorisées en Suisse ?
- Impôt à la source pour les frontaliers : fonctionnement
Sources
- Administration fédérale des contributions (AFC), barèmes fiscaux de l’impôt fédéral direct
- AFC, Guide du futur contribuable (PDF)
- AFC, « Taux et coefficients d’impôts », maxima d’imposition (art. 128 de la Constitution fédérale)




