Vous habitez en France et votre salaire vient de Suisse ? Il doit figurer sur votre déclaration française, chaque année, même quand l’impôt a déjà été prélevé à la source de l’autre côté de la frontière.
La démarche tient en trois formulaires, remplis dans un ordre précis. Mais une erreur de case ou de canton suffit à fausser le calcul.
Qui doit déclarer ses revenus suisses en France ?
Toute personne fiscalement domiciliée en France déclare l’ensemble de ses revenus, quelle que soit leur origine, et le salaire suisse n’y échappe pas.
Ce qui change, c’est le traitement. Et tout dépend du canton où vous travaillez.
- Dans les huit cantons signataires de l’accord du 11 avril 1983 (Berne, Soleure, Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Vaud, Valais, Neuchâtel et Jura), le salaire du travailleur frontalier n’est imposable qu’en France, l’État de résidence.
- À Genève et dans les autres cantons, l’impôt est prélevé à la source en Suisse. Le salaire se déclare quand même en France, qui accorde alors un crédit d’impôt pour ne pas taxer deux fois la même somme.
Cette distinction commande toute la suite : si vous travaillez à Genève, l’article sur la déclaration de revenus du frontalier suisse selon le canton détaille les cas particuliers.

Les pièces à réunir avant de commencer
Tout part du certificat de salaire suisse (Lohnausweis), que l’employeur établit pour l’année civile écoulée. Sans lui, impossible de remplir l’annexe correctement.
- Le certificat de salaire, avec ses lignes numérotées : l’annexe française y renvoie directement.
- Le justificatif de l’impôt suisse retenu, si vous êtes imposé à la source. Le crédit d’impôt français en dépend.
- Les relevés de vos autres revenus suisses éventuels : intérêts, loyers, pensions.
- La liste de vos comptes bancaires ouverts en Suisse, à déclarer sur le formulaire 3916.
Pas encore reçu le certificat en février ? Réclamez-le.
Étape 1 : remplir l’annexe 2047-SUISSE
L’annexe 2047-SUISSE est propre aux salaires suisses. Elle part des montants bruts du certificat, retire les cotisations sociales déductibles et convertit le résultat en euros, ce qui donne le salaire net imposable côté français.
En fin d’imprimé, une case de situation doit obligatoirement être cochée. Le cas 2A vise les salariés imposés en Suisse dans le régime général, Genève compris. Le cas 2B concerne des profils particuliers comme les personnels navigants, les artistes et les sportifs.
Étape 2 : la déclaration 2047 des revenus encaissés à l’étranger
Le formulaire 2047 récapitule tous les revenus de source étrangère du foyer, et le salaire calculé sur l’annexe y est repris avec les autres revenus suisses éventuels.
Bonne nouvelle : remplie en ligne, l’annexe 2047-SUISSE alimente automatiquement les bonnes rubriques depuis 2020. Moins de risque d’erreur de report.
Étape 3 : les reports sur la déclaration 2042
Dernière étape, la déclaration principale.
Le salaire suisse rejoint la rubrique des salaires de source étrangère. Pour un salaire déjà imposé en Suisse, le même montant figure aussi en case 8TK, et c’est cette case qui déclenche le crédit d’impôt égal à l’impôt français.
Concrètement, la France calcule l’impôt sur l’ensemble des revenus du foyer. Puis elle efface la part du salaire suisse.
Le salaire suisse compte donc pour fixer le taux appliqué à vos autres revenus. Un couple dont l’un travaille à Genève et l’autre en France le voit tout de suite sur son avis : le salaire français est taxé à un taux plus élevé que s’il était seul.
Ce module affiche des budgets fixes, à titre d’illustration et sans source officielle. Il ne sert pas au calcul de votre déclaration.
Les erreurs à éviter
- Ne pas déclarer un salaire genevois parce qu’il est « déjà payé » en Suisse. La France attend la déclaration, et la case 8TK conditionne le crédit.
- Confondre les régimes. Un salarié vaudois qui réside en France relève de l’accord de 1983, un salarié genevois non.
- Convertir soi-même au taux du jour, alors que l’annexe 2047-SUISSE fixe la méthode de conversion.
- Oublier le formulaire 3916 pour les comptes ouverts en Suisse.
Un oubli de la case 8TK coûte cher. Sans elle, le crédit d’impôt saute et le salaire suisse se retrouve taxé une seconde fois.

Le calendrier à garder en tête
La déclaration française se dépose au printemps, selon un calendrier publié chaque année par la DGFiP, avec des dates limites qui varient selon le département. Le certificat de salaire suisse porte sur l’année civile précédente, donc tout se prépare entre janvier et avril.
Questions fréquentes
Quel taux de change utiliser ?
Celui que prévoit l’annexe 2047-SUISSE de l’année. Elle convertit le salaire net en euros selon une méthode unique, à suivre telle quelle.
Un conjoint à Genève, l’autre en France : que se passe-t-il ?
Les deux salaires vont sur la même déclaration. Le salaire genevois passe par la case 8TK et ne supporte pas un second impôt, mais il augmente le taux appliqué au salaire français.
Faut-il déclarer un salaire suisse imposé en France au titre de l’accord de 1983 ?
Oui. Il est déclaré et taxé en France comme un salaire, après passage par l’annexe 2047-SUISSE, sans case 8TK puisqu’aucun impôt suisse n’a été retenu.
Pour comprendre la logique d’ensemble, l’article sur la double imposition du salaire entre la Suisse et la France reprend les trois situations possibles.
À lire aussi
Sources
- Accord franco-suisse du 11 avril 1983 sur l’imposition des travailleurs frontaliers (recueil systématique neuchâtelois, RSN 638.1)
- Administration fédérale des contributions (AFC), impôt à la source
- impots.gouv.fr, formulaires 2047 et 2047-SUISSE (millésime 2026) et aide en ligne de la case 8TK
- Préfecture de la Haute-Savoie, rubrique « Frontaliers franco-suisses, impôts » (mise à jour du 28 avril 2026)




